DOSSIER

CAN 2019 et 2021 : Ahmad Ahmad crée la « Cafophonie » au niveau du football africain

Publié le 19 Décembre 2018
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Il est venu à la tête de la Confédération africaine de football (CAF) avec de bonnes intentions. Mais, Ahmad Ahmad est aujourd’hui confronté à la réalité du terrain. « La critique est aisée, mais l’art est difficile », dit l'adage.

Il est venu à la tête de la Confédération africaine de football (CAF) avec de bonnes intentions. Mais, Ahmad Ahmad est aujourd’hui confronté à la réalité du terrain. « La critique est aisée, mais l’art est difficile », dit l'adage.

Elu le jeudi 16 mars 2017 à la tête de la CAF, après le long règne (1988-2017) de son prédécesseur Issa Hayatou, le Malgache Ahmad Ahmad, ancien entraîneur et Ministre de la Pêche de son pays, a du mal à mettre en pratique sa promesse de « réformer le football continental ».

Jusque-là, les quelques réformes qu’il a entreprises, notamment la décision de faire passer la CAN de 16 à 24 pays et de la déplacer entre juin et juillet créent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

En effet, à la suite du symposium de deux jours sur le football africain organisé à Rabat (Maroc), la CAF a décidé, le jeudi 20 juillet 2017, de faire passer la CAN de 16 à 24 pays. Du coup, le Cameroun qui avait en charge l’organisation de la compétition de 2019 initialement prévue pour accueillir 16 pays devait se préparer pour une CAN à 24 équipes. Une modification du cahier de charges de la CAN qui devait nécessiter un effort financier supplémentaire. Puisqu’au lieu de 4 stades prévus dans l’ancienne formule à 16, il en faut désormais 6 au minimum.

Le Cameroun qui devait organiser la première CAN à 24 pays a reçu la nouvelle comme un coup de massue. « Nous sommes dans un monde de droit et nous n’allons pas changer les règles du jeu en cours de route. La CAN 2019 est engagée et la phase des éliminatoires a débuté. Passer de 16 à 24 équipes, c’est une décision du comité exécutif et nous en prenons acte. Une CAN engendre beaucoup de choses, avec entre autres les infrastructures hôtelières, routières, aéroportuaires, hospitalières et sécuritaires. Cet ensemble fait que le gouvernement du Cameroun s’était engagé sur la base de l’ancien cahier des charges pour 16 équipes. Maintenant, il va falloir passer à 24 et il faut un nouvel engagement de notre gouvernement. Nous allons renter et discuter avec les plus hautes autorités de notre pays », avait déclaré sur les antennes de RFI, le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) d’alors, Tombi A Roko, au soir du symposium de Rabat.

Pour sa part, le président de l’Etoile Filante de Garoua, Abdouramane Hamadou, s’était dit choqué par la façon dont le Cameroun était traité par la Confédération. « Je suis choqué par la manière avec laquelle le Cameroun est traité par la CAF. C’est de l’arbitraire et de l’abus d’autorité. On ne modifie pas unilatéralement un contrat liant deux parties sans que cela soit justifié par la survenance d’un cas de force majeure. C’est insupportable pour le citoyen camerounais que je suis. Ça ne devrait pas se passer comme cela et ça ne doit pas se passer comme cela. On mérite plus de respect malgré nos propres turpitudes », a-t-il confié.

Et depuis que Ahmad Ahmad a commencé à émettre des réserves sur les capacités du Cameroun à organiser la CAN 2019, les Camerounais ont toujours soupçonné le Malgache de vouloir leur retirer « élégamment » la compétition. Les faits leur ont donné raison quand, le vendredi 30 novembre 2018, le Comité Exécutif de la CAF, à l’issue d’une réunion à Accra, a décidé que « la fédération camerounaise ne pouvait pas accueillir la CAN 2019 ».

Le lundi 10 décembre 2018, le vice-président de la CAF, Constant Omari, dans l’émission de sport de Talent d’Afrique de Canal+, a fait savoir que le Cameroun était d’accord pour organiser la CAN 2021. « On a un retour très favorable du Cameroun. Le chef de l'État, précise Constant Omari, nous a écrit officiellement pour confirmer son accord d'organiser 2021. » Puis d’ajouter que la CAF a pris acte de la lettre de Paul Biya. « Nous avons réagi hier (Ndlr dimanche 9 décembre 218) pour lui dire que nous prenons acte de sa lettre somme toute très cordiale. »

Dans la foulée, le président de la CAF a confirmé que la Côte d’Ivoire était aussi incapable d’organiser la CAN 2021 et donc l’attribution de cette compétition au Cameroun devrait être un soulagement pour les Ivoiriens. Au passage, Ahmad Ahmad n’a pas manqué de tacler les autorités ivoiriennes. « Au lieu de remercier la CAF de leur avoir donné du temps, surtout les techniciens. Si c’était de la part du chef de l’Etat (Le président Alassane Ouattara : ndlr), j’aurais pu facilement comprendre parce que la politique n’est pas obligée de connaitre les arcanes d’organisation d’une grande compétition. Ça démontre peut-être, l’insuffisance aussi peut-être des responsables. Parce qu’au lieu de convaincre son chef que ah, c’est une bonne chose, aillent (sic) plutôt dans une politique politicienne pour créer des polémiques. Comment on peut construire des stades, 5 stades en 2 ans ? Il y a des villes où il n’y a rien, pas d’hôtel. Donc, tout ça, c’est malheureux de la part des responsables. Au lieu d’être des partenaires, parce que la Confédération veut relever le football africain, surtout protéger ses joueurs professionnels. Je suis sûr que les grands responsables ivoiriens vont écouter leurs responsables dans le cadre de la préparation de la CAN et ils vont se rendre compte que c’est la CAF qui avait raison. », a-t-il dit sur les antennes de RFI.

Pourtant, presqu’un an plus tôt, précisément le mardi 19 décembre 2017, quand il a été reçu au Palais présidentiel par Alassane Ouattara, en présence du ministre des Sports d’alors, François Amichia, le président de la FIF, Augustin Sidy Diallo, et le président du Cocan 2021, Lambert Feh Kessé, le Malgache avait donné des assurances à tous. Le président de la CAF a indiqué qu’il était de son devoir de venir faire ses civilités au président ivoirien, et surtout rassurer la presse en particulier sur l’organisation de la CAN 2021 par notre pays.

Pour le premier responsable du football africain, il ne lui ai jamais venu à l’esprit, ni à celui des membres de la CAF, l’idée de retirer l’organisation de cette compétition en 2021 à la Côte d’Ivoire. Au contraire, comme il l’a souligné, la CAF entendait « accompagner » le pays pour la réussite de cet événement...............Lire La Suite sur linfodrome.com


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