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Démission de l’Assemblée nationale : Guillaume Soro dévoile ce qui l’oppose au tenant du pouvoir et annonce la bataille contre Ouattara

Publié le 10 Février 2019
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La vidéo est devenue virale. Tellement elle a fait le tour des internautes et des ménages. Guillaume Soro y retrace, minute par minute, son parcours de son domicile jusqu’à sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale. Mais, insidieusement, l’ex-chef du Parlement ivoirien dévoile ce qui l’a poussé à quitter le perchoir. Ses démêlés avec le président de la République, qui a voulu et réclamé sa démission.

Ce n’est plus un secret. Guillaume Soro a décidé d’aller à la conquête du pouvoir. La vérité sur ce qui l’oppose au président de la République, Alassane Ouattara est désormais sue. Le chef du Parlement ivoirien est bel et bien intéressé par le fauteuil de l’Exécutif. Siège duquel il a été plus ou moins éloigné par le chef de l’Etat, depuis le vote de la Constitution de 2016 instituant la Troisième République.

Cette Constitution, faut-il le souligner, a consacré dans la nomenclature des institutions ivoiriennes un poste de vice-président de la République désormais dauphin du président de la République. Mais, en plus, après le vice-président, l’ordre protocolaire s’arrête au Premier ministre, qui est le second défunt du tenant de l’Exécutif en cas de vacance du pouvoir. Une option, qui a éloigné du fauteuil présidentiel l’ancien leader des ex-forces nouvelles, ancien Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, qu’a été Guillaume Soro.

Daniel Kablan nommé vice-président de la République, et Amadou Gon Coulibaly installé dans le fauteuil de la Primature, l’homme qui a affronté Laurent Gbagbo pendant 10 ans jusqu’à l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir s’est vu trahi par celui à qui il a permis l’accession à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire.

Guillaume Soro ne s’en cache plus. Il avait hâte de quitter la posture dans laquelle il s’est retrouvé, et qui lui semblait contraignante et compromettante sur sa trajectoire politique. « Depuis deux ans, depuis mai 2017, je me suis préparé à cette éventualité. Je suis soulagé, parce que vous ne pouvez pas comprendre le poids du fardeau que je ressentais sur mes épaules ».

L’ancien Premier ministre parvenu au Parlement, dans l’anti-chambre du pouvoir, pouvait-il accepter d’en être subitement éloigné depuis la mise en place des institutions de la nouvelles République ? Guillaume Soro, ne voyait pas ses repères dans le parti unifié du Rassemblement des Houphouëtistes (Rhdp) dans lequel il sentait qu’il allait être noyé dans le schéma du président Ouattara. En habile tacticien, il a opté pour la séparation.

 

Soro chez SassouGuillaume Soro ne cache pas avoir consulté beaucoup de personnalités, comme ici avec le président Sassou N'guesso du Congo, à Brazzaville...

 

Le désormais ex-chef du Parlement ivoirien revendiquait en décembre dernier, déjà, dans une chronique sur son voyage ‘’de Paris à Brazzaville’’ son indépendance, en rappelant à ceux qui l’ignoreraient encore son appartenance à la grande famille du socialisme.

Recevant des chefs traditionnels de sa région, début janvier 2019, il réitérait, au moment où le débat politique se polarisait sur sa position relativement au parti unifié du Rhdp, Guillaume Soro faisait entendre : « Je ne suis pas la propriété de quelqu’un ». Une boutade qui présageait de ce que préparait le député de Ferkessédougou quant à sa liberté et à son indépendance vis-à-vis des camarades avec lesquels il a fait chemin pendant ces dernières décennies.

On ne sera pas surpris quand, à sa démission de la présidence de l’Assemblée nationale où il est demeuré sous la bannière de l’ex-groupement politique au pouvoir, il clame son confort en se séparant de ces ex-camarades au pouvoir. « Je suis un indépendant, je ne dirai pas que je suis un insoumis, mais je suis indépendant fondamentalement ». Et Guillaume Soro de prévenir ceux qui pourrait être dans sa ligne de dans le cadre de ses offensives futures. « Je n’aurai plus à être astreint au devoir de réserve ».

 

Soro Obasanjo... où le Nigerian, Olusegun Obasanjo, à Abidjan qui lui ont conseillé de ne pas aller à la radicalisation ni à l'affrontement

Ses prochaines batailles, Guillaume Soro n’en fait plus un mystère. Notamment dans sa vidéo devenue virale sur son parcours de sa maison jusqu’à son dernier discours du haut du perchoir. « Quand certaines personnes vous font confiance pour, un jour, prétendre diriger le pays, vous ne souhaitez pas le voir détruit. Donc, vous vous sacrifiez pour le pays », pointe-t-il pour justifier sa démission de son poste « confortable » à la tête du Parlement ivoirien. Une démission qui sonne l’heure de sa nouvelle ambition. Celle de la conquête du fauteuil occupé par celui qui l’a contraint à quitter son rang de président de l’Assemblée nationale et ex-dauphin constitutionnel. « Ma vie politique ne fait que commencer. C’est le début, on n’a rien fait encore », ironise l’ancien dirigeant de la Fédération estudiantine de Côte d’Ivoire (Fesci). Qui se montre plus précise et sans fioriture : « Aujourd’hui, je vais rendre le tabouret et je vais aller chercher le fauteuil pour m’asseoir dedans. Ce sera plus confortable d’être assis dans le fauteuil », prévient celui que d’aucun avait surnommé ‘’Tiéni Gbanani’’ ou ‘’L’enfant terrible’’ pour son courage et sa témérité. La bulle a éclaté. Plus d’ombre sur la nouvelle bataille de Guillaume Soro, désormais simple député, mais surtout opposant et adversaire politique du Rhdp d’Alassane Ouattara, son ex-mentor.


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