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Politique nationale : Soro se met en colère et hausse le ton : « Je ne suis plus astreint au devoir de réserve. Je vais tout dire. »

Publié le 20 Février 2019
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L’ex-président de l’Assemblée nationale démissionnaire est très en colère, et il ne s’en cache pas. A en témoigne le ton de son discours peu conciliant avec ses camarades d’hier au pouvoir.

L’ex-président de l’Assemblée nationale démissionnaire est très en colère, et il ne s’en cache pas. A en témoigne le ton de son discours peu conciliant avec ses camarades d’hier au pouvoir.

D’ailleurs, à propos de ces ex-camarades, l’ex-chef du Parlement ivoirien a décidé de ne plus observé de réserve, après avoir pris sa liberté des fonctions qui l’y contraignaient. « J’ai dit que je ne suis plus contraint au devoir de réserve. Je vais tout dire. Je suis libre maintenant, je vais parler ».

Effectivement, pour une première, Guillaume Soro a parlé. Il s’est vraiment lâché devant ses camarades Ebrié venus lui témoigner leur soutien depuis son départ forcé de la présidence du Parlement. L’ancien Premier ministre ivoirien n’a pas chaussé de gant. Il s’est montré direct et incisif, sans faire le moindre effort pour voiler sa colère.

Le désormais simple député de Ferkessédougou s’indigne, en effet, de menaces que feraient subir des dirigeants du pouvoir sur des personnes qui gardent le contact avec lui. Il en a donné pour preuve des connaissances dans le village d’Abatta, à Bingerville, qui lui ont fait part de ce genre de menaces qu’elles ont reçu pour avoir décidé de le recevoir dans leur localité. « C’est maintenant que je vais voir ce qui aimait le président de l’Assemblée nationale ou Guillaume Soro. C’est ce que ce qui m’ont enlevé à l’Assemblée nationale souhaité. C’est pour que tout le monde me fui. Tout çà n’est pas mon problème. C’est Dieu qui donne le destin à chacun. J’ai dit que je ne vais jamais accepter le chantage. Il faut qu’on reste digne, digne »,

commence Guillaume Soro. Avant de s’adresser directement aux auteurs des menaces à lui rapportées. « Demain, vous ne serez plus au pouvoir. Et si on veut vous créer, vous, des problèmes. Quand on est au pouvoir, ce n’est pas pour créer des problèmes aux gens. Parce que c’est nous qui vous avons élus au pouvoir. Donc, quand on est au pouvoir, on doit être humble. On n’utilise pas le pouvoir pour écraser ses concitoyens, mais pour résoudre les problèmes de ces concitoyens ».

L’ancien chef du gouvernement s’en prend, notamment, à des ministres qui useraient de leurs postures pour abuser des populations. « Ministre, c’est quoi ? Ministre, c’est rien. Il y a des gens, on les nomme ministre et on ne peut plus respirer dans le pays. Pourquoi ? Moi, je ne suis pas d’accord qu’on menace les gens », récrimine l’ancien dauphin du président Ouattara, qui rassure les chefs Atchans qu’il a reçus et les exhorte à la sérénité sans céder aux manipulations et aux menaces. Bien au contraire, le président du Comité politique (tout nouveau mouvement qu’il vient de mettre en place) appelle les Ivoiriens à la responsabilité pour imposer la démocratie à leurs dirigeants. « Tant que chacun dans ce pays ne va pas prendre ses responsabilités, il n’y aura pas de démocratie en Côte d’Ivoire. Chacun doit dire non, avoir le courage de dire non ! ».

Abordant un autre volet des sujets qui le fâchent, Guillaume Soro a condamné vertement les discours tendant à diviser les Ivoiriens entre le Nord et le Sud. Il a déploré que certains tenants du pouvoir fassent des missions auprès des populations de la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire pour parler du « pouvoir du nord » à préserver. « Le pouvoir est au nord. Le pouvoir n’appartient pas au nord. Le pouvoir appartient au peuple. On s’en va voir les chefs traditionnels du nord pour leur dire que Guillaume Soro veut aller prendre le pouvoir du nord pour aller donner à Bédié. On a surpris un député en train de le faire. (…). Continuer à parler du Nord, ces discours sont dangereux pour le pays. Vous allez liguer toutes les autres régions contre le Nord », prévient le natif de Ferké, qui hausse le ton d’un cran et martèle à nouveau : « Personne ne peut revendiquer le nord plus que moi, sinon tout autant que moi. Ceux qui vont en mission au nord pensant qu’ils vont monter le nord contre moi se trompent».

Allant plus loin sur ce chapitre, l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo pense que le régime d’Alassane Ouattara, fils du Nord lui-même, a fait plus de mal au ressortissant de cette partie de la Côte d’Ivoire pour parler du « pouvoir du Nord ». « Vous dites qu’on n’a qu’à garder le pouvoir au nord. Mais si c’est le pouvoir du nord lui-même qui renvoie tous les fils du nord et les met en prison… », fait observer Guillaume Soro non sans faire une comparaison sur les époques de Laurent Gbagbo qu’il a combattu à Alassane Ouattara.

Au passage, Guillaume Soro est revenu sur son départ de la présidence de l’Assemblée nationale. Etre président de l’Assemblée nationale, a-t-il dit, ce n’est pas une fin en soi. C’est pourquoi il souligne n’avoir pas voulu céder au chantage. « J’ai refusé de rester à la tête de l’Assemblée nationale, parce que je ne peux pas vendre ma dignité. Militer dans un parti là, c’est libre non. Si on vient te dire si tu n’es pas dans Rhdp il faut quitter la présidence de l’Assemblée nationale. Moi, je préfère partir, c’est pourquoi je suis parti. Chef Abito, dis à nos parents là-bas que Rhdp-là, je ne suis pas dedans ».

En définitive, l’hôte des chefs d’Abatta a demandé à ses visiteurs de transmettre un message de sérénité à leurs populations. « Ne vous inquiétez pas. Parce que moi, je suis serein ».


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